vendredi 30 mars 2007

volcan


A Maui, une des îles hawaïennes, il y a un volcan de 3000m avec un énorme cratère, profond de 1000 mètres, dans lequel on peut faire des balades de 8 heures,ou 3 jours. Descendre dans ce cratère est une expérience unique et du genre mystique: c'est absolument grandiose, inquiétant et exaltant au même temps. Les couleurs sont intenses, changeantes, les dénivelés impressionnants, les formes des rochers et des reliefs étranges. Ce n'est pas complètement minéral comme milieu, il y a des plantes très étranges, elles aussi, qui ne poussent que dans cet endroit, il paraît . On arrive tout en haut de ce volcan en voiture. Plusieurs agences organisent des descentes en vélo jusqu'à la mer. Le départ du sommet est à 4 heures du matin; tous les cyclistes sont vêtus de combinaisons genre Bibendum jaunes ou bleues ridicules, toutes identiques, fournies par l'organisateur. Ca doit être marrant de descendre en vélo 3000m d'un seul coup, malgré le froid (1 ou 2°C au sommet) et la proximité des voitures (une seule route de deux voies pour tous). On ne l'a pas faite, cette descente, les enfants ne l'auraient pas appréciée. Surtout, le rendez-vous était à 2 ou 3 heures du matin, pour pouvoir commencer la descente dans l'aurore. Les jolies couleurs, d'accord, mais pas au prix d'un tel effort.
C'est vrai que les Américains se lèvent tôt, d'une manière générale.
Du coup, à 2 heures de l'apres midi, on était tous seuls dans cet espace immense, à contourner les cratères dans le cratère.
Ce qui est inhabituel , c'est de commencer la ballade par une descente, et finir par une remontée. Pour les enfants, c'est destabilisant ("Tout ce que tu as parcouru, il va falloir le refaire, en plus dur").

dimanche 25 mars 2007

décharge


Toute une institution: on veut louer des vélos ou des kayaks: des pages de décharges à signer; on s'inscrit dans un club de sport: le contrat et décharges à signer; on va chez le dentiste, trois pages à signer avant se mettre sur le fauteuil; aux urgences le fils saignait abondamment et se tordait de douleur mais avant quoi que ce soit il fallait signer les décharges. Pour l'école, on signe des décharges en cas de blessure à la récréation, de noyade à la piscine, d'accident en bus scolaire, ou d'étouffement pendant le déjeuner...
En fait on s'engage à ne pas porter plainte et à ne pas faire de procès dans le cas où ça tourne mal, parce qu' un professionnel a mal fait son boulot, par ex. Du coup on a l'impression que personne n'est responsable de grand chose: on est "déchargé" de toute responsabilité lié à son travail, légalement on est blindé.
En Septembre dernier nous avons voulu faire une promenade à cheval dans le Griffith Park, il y a pas mal de centres hippiques qui pour deux ou trois heures fournissent un accompagnateur et des chevaux.
Le cheval du fils et le mien avaient le tempérament et le look d'un mule, mais celui de la fille aînée semblait plus élancé et plus fin. Au bout d'une heure, assez haut sur les collines du parc, ce cheval est partit au triple galop avec la fille hurlante, et sautillant dans tous les sens sur la selle... L'accompagnateur, pas affolé du tout, les a suivi, il semblait peu concerné par tout ça, les décharges ont été signées, le reste, il s'en foutait.
Le cheval s'est arrêté tout seul au bord d'un précipice, la fillette qui a heureusement suivi quelques cours d'équitation en France, a su se cramponner...On se rend compte que toute entreprise peut s'avérer périlleuse puisqu'il faut compter plus sur ses propres forces, sa compétence et sa chance, que sur l'implication et le sens de responsabilité de l'organisateur.

mercredi 21 mars 2007

service


Chose étrange pour un Français, le plombier ici vient dans l'heure suivant l'appel, et il ne s'agit pas d'une urgence ni d'un plombier polonais.
Il donne son devis en 10 min, avec une réduction de 10% s'il commence les travaux tout de suite.
Pour n'importe quel dépannage, on peut demander le passage d'un professionnel à partir du 19H, dans la semaine, et il travaille jusqu'à 21H s'il le faut.
Il y aussi des sociétés de nettoyage proposant des femmes de ménage (assurées ou pas), qui arrivent à deux avec tout le matériel pour deux heures de travail dans le créneau horaire choisi par le client.
Il y a des boîtes qui accompagnent les étrangers dans tout ce qui est administratif (demande de n° de sécurité sociale, déclaration d'impôts, etc.). Ce n'est pas toujours très efficace ni pro mais il y a systématiquement un suivi de satisfaction du client, par e-mail et ensuite par téléphone. De même pour les déménagements ou les livraisons.
Le souci d'un bon service client est central dans tous les domaines.
Dans les restaurants, l'attente n'est jamais longue. Au début du repas, le serveur se présente ("Je m'appelle Joe, je vais m'occuper de vous ce soir, etc.."), et veut instaurer une relation personalisée, qui n'existe pas du tout en France. C'est aussi possible parce que les serveurs sont nombreux et disponibles; en fait, il y a celui qui remplit les verres, au bas de l'échelle, puis celui qui apporte les plats, et enfin il y a Joe, pour demander si tout va bien, et pour remercier.
Dans les allées de supermarchés, le client est très fréquemment abordé par le personnel avec un "any help?"; à la caisse on lui remplit ses sacs, il ne s'occupe que du paiement, parfois on l'accompagne avec ses courses jusqu'à sa voiture. Les services publics sont un peu plus efficaces comme en France, même si on attend quand même.
D'un autre côté, on trouve dans les pages jaunes des prestataires, avec des cartes de visite bidon, à l'honneteté douteuse: il m'est arrivé, au début de mon séjour, de faire appel à un nettoyeur de vitres, qui est venu très rapidement, et qui a travaillé de façon impecable. Pas de chance, il n'a pas bloqué une fenêtre qu'on ne vérifie jamais, et ce sont probablement ses copains qui sont passés trois semaines après, pendant mon absence, pour voler quelques bijoux en or. La même chose est arrivée à une copine qui elle était là, pendant le nettoyage de moquette...
Depuis, on s'est équipé d'un coffre-fort, et on hésite à acheter une arme. Je plaisante.

dimanche 18 mars 2007

musée

Quelques musées, souvent à l'architecture recherchée et surprenante sont situés dans des endroits très agréables, entourés de magnifiques jardins. Beaucoup des pièces majeures comme dans le Norton Simon à Pasadena qui n’est pas immense mais qui expose des tableaux de Monet, Renoir, van Gogh et Cézanne, Klee, Kandinsky, Matisse, Braque, Picasso, il y a aussi des danceuses de Degas (peintures et sculptures), quelques sculptures de Rodin et de Giacommetti. C’est typiquement une collection privée, hétéroclite, issue des coups de cœur du fondateur…Les visites privées avec un conférencier y sont possibles, avant l'ouverture du musée, tous ces tableaux et sculptures magnifiques, on les a pour nous tous seuls, si on veut.

Ce qui est agréable et triste en même temps, c'est que dans toutes ces salles remplies de splendeurs, il y a très peu de visiteurs. Au LACMA, un samedi après-midi, nous n'étions que quelques uns, tels des fantômes (certains fantômes très bruyants d'ailleurs, les enfants devenant infernaux après une demi-heure de visite) dans ces salles, couloirs et ascenseurs immenses et désolés.
Et si on se lasse de la peinture italienne et flamande du Getty Center, ou de son mobilier, le musée étant situé sur une colline et ouvert tard, on peut toujours admirer par les grands baies vitrées, Los Angeles, ville tellement plus belle la nuit.

jeudi 15 mars 2007

Hollywood


Il y a en deux: Hollywood crade, moche qui craint, et West Hollywood, un ghetto de riches et célèbres. Hollywood Blvd traverse les deux quartiers de l'Est en Ouest.
Dès qu'on voit des palmiers plantés sur un boulevard, on est sûr d'entrer dans les quartiers chics. C'est très net, aussi bien sur Santa Monica blvd que sur Sunset ou Melrose.
Avant le croisement avec Highland, c'est l'enchevêtrement bordélique d'imeubles sinistres, des fast-foods, des dealers (ici, il s'agit des vendeurs de voitures, qui s'étalent sur des kilomètres), des parkings, des entrées d' autoroute partout. Plus loin, il y a plus de verdure, d'espace, des enseignes et des restaurants plus élégants, l'ambiance change sans transition.
En fait, Hollywood boulevard n' a rien de marquant, et est forcément décevant, même au niveau du Chinese Theater (cinéma splendide par ailleurs), où sont les fameuses empreintes.
Le dimanche des Oscars, une partie de Hollywood Blvd était fermée à la circulation, même aux vélos. Les policiers vérifiaient à l'aide d'un miroir les chassis des voitures des invités à la cérémonie. On n'a jamais vu à Los Angeles autant de mecs en costard/smoking au mètre carré... Cela dit, cette cérémonie laissent la plupart des Angelinos indifférents. D'ailleurs les studios de cinéma ne sont pas à Hollywood; mais à Burbank, au nord de Los Angeles.
Quant aux lettres blanches (les "Hollywood signs"), on les voit très bien quand on sort du Castorama local, le charriot rempli de ciment.

dimanche 11 mars 2007

style


Il n'y en a pas à Los Angeles.

C'est le sport wear omniprésent, même au boulot.
Quand le mari est arrivé le premier jour à son travail en costard-cravate, on l'a pris pour un extra-terrestre. Cadre, consultant, directeur, on se met à l'aise en Californie, même les banquiers sont décontractés.
Cela dit, comment s'habiller pour telle ou telle occasion est toujours explicite; si la boîte organise une sortie, le dress code est toujours indiqué par un e-mail. On évite d'être trop sérieux, mais il y a peu de place pour la fantaisie et encore moins pour l'extravagance.
Le jour où on a demandé de venir travailler Samedi dans la boîte du mari, la seule question qui a été posée a été "quel est le dress code ?"
Il y a certes des branchés dans les boîtes de nuit, chez Trader Joe's (chaîne de supérettes bio), dans les boutiques vintage ou dans les expos.
Mais l'impression générale est qu'on s'en fout ce qu'on se met sur le dos, ça doit être confortable et "passe-partout". Sinon, le mot d'ordre dans les boutiques de fringues ou de lingerie est d'être "sexy". Les femmes Californiennes ont un besoin viscéral de paraître sexy, même si cela ne se voit pas du tout dans la rue.
Elles sont peut-être très sexy à la maison.

Il y a des femmes, notamment des "celebrities" qui essayent d'être élégantes, chics, mais la plupart de temps, elles semblent déguisées, endimanchées, mal à l'aise : comme si ça n'allait pas de soi et n'ira jamais. Ou ce n'est peut-être que la question de la Côte?
Quand on compare les pubs de mode dans le magasine américain de mode le plus connu, ce qui saute aux yeux est la différence entre la femme new-yorkaise sophistiquée, cheveux sombres, plutôt plate, et la Californienne à l'opposé de ça...

lundi 5 mars 2007

Venice




Sous prétexte d'avoir trois canaux qui se courent après, en été presque desséchés et tristes, cette petite ville à l'ouest de L.A. pique son nom à la belle Italienne .

Par contre, la promenade très animée qui longe la plage est unique. Une faune extrêmement variée et pittoresque grouille entre les boutiques de fringues, les chapeaux, les enseignes où on peut se faire faire un piercing ou un tatouage. D'ailleurs énormément de gens ici sont tatoués, avec parfois des tatouages occupant le bas du dos, toute une épaule ou un mollet.

Des ménagères de 50 ans, les caissières au supermarchés, les maîtres nageurs à la piscine, des jeunes filles et garçons à la plage arborent des tatouages.

Sur une bande de ciment étroite le long de la plage, sur des kilomètres, les gens courent, font du vélo, du roller, ou de la planche à roulettes, dans une ambiance décontractée; on se donne en spectacle, et on regarde. De temps à autre, cet espace s'élargit pour les danseurs ou les pros du skate board.

Le mari a réessayé la planche à roulette. Après une pause de 30 ans, ses réflexes sont un peu émoussés. Et malgré tout ses efforts, il n'arrive pas à amener sur cette planche le fils, qui a tendance à considérer que c'est un truc du "Moyen-Age".

On ne vient pas vraiment à Venice Beach pour se baigner; l'eau est froide, et les premières vagues sont souvent dissuasives pour les enfants. On voit parfois des dauphins sauter à quelques mètres de la plage, mais les passages des hélicoptères surveillant la côte sont malheureusement plus fréquents et plus bruyants.