lundi 26 février 2007

travail

A la française, je commence la rubrique "travail" par les vacances.
Il y a déjà peu de jours fériés aux États Unis, mais en plus, pour la moitié d'entre eux, on travaille comme un jour normal. Il y a bien sûr Noël et Thanksgiving, une semaine de congé dans l'année, voire éventuellement deux, mais aucune baisse de régime en été, contrairement à la France. Aux gens qui partent pour trois jours de week-end prolongé, on souhaite de "bonnes vacances" et ils en rentrent comme si la coupure était bien plus longue...
On peut réveiller un employé la nuit, le déranger le week-end ou pendant les vacances .
On peut demander aux gens le vendredi matin de venir travailler le samedi, et ils ne protestent pas, viennent travailler, et ne reçoivent pas de compensation pour cette journée là, ni financière ni en jour de congé . Il suffit qu'un projet ait un léger retard pour que tout le monde vienne le samedi. A la fois parce c'est dans l'interêt commun, parce que le travail est l'élément central dans la vie d'un Américain, et aussi tout simplement parce qu'on obéit au chef. Si un projet important s'annonce, et un grand nombre de salariés est mobilisé, la cantine offre les petits-déjeuners, et les dîners, à côté du poste de travail, ce qui permet de gagner encore quelque minutes; il ne manque que les lits de camps. Dans des situations exceptionnelles, on peut travailler de 8H à 3H (du matin) en commandant éventuellement une pizza pour tous au milieu de la nuit.
Quand, lors d'un démarrage informatique dans une grosse usine, on a demandé au mari de travailler la nuit pendant 2 semaines, il n'en revenais pas. Et a fini par s'habituer au bout de 8 jours à se coucher après le petit-déjeuner.
Il y a quelques jours dans l'entreprise du mari, on a annoncé la "Black celebration Day"; ces jours là, il y avait deux Blacks à l'entrée avec des objets d'art vaguement africains, un truc complètement incongru aux Etats-Unis, et faux pour ceux qui connaissent ne serait-ce que les puces de Clignancourt; et puis une présentation d'un Afro-Américain qui a réussi dans la boîte, parlant aux autres Afro-Américains de son parcours. Si on fêtait la "White celebration Day" ce serait beaucoup moins bien perçu...
Au premier jour de travail, on suit une formation sur le harcèlement sexuel pendant deux heures; ça semble aussi être un sujet important. Pourtant rien n'est moins sexuel que l'environnement de travail aux Etats Unis, selon le mari...

mardi 20 février 2007

langue

54% des foyers à Los Angeles ne parlent pas anglais à la maison.
Dans les magasins, on passe de l'anglais à l'espagnol à la tête du Client.
Sur les 40 chaînes de télé, un tier est en espagnol ou dans une langue asiatique.
Le mari, au bout d'un an aux Etats Unis, ayant reçu une formation traditionnelle en anglais en France, a toujours du mal à comprendre les gens du Sud en conférence téléphonique, ou à se faire comprendre à 100% lors d'une réunion. Il s'est dit en arrivant, "dans un an, ce sera bon", maintenant on se dit plutôt: dans un an ça ira mieux (mais toujours avec l'accent).
Par contre, les enfants ont déjà un bon accent, et commencent à chanter spontanément en anglais à la maison, ou à échanger des petites phrases en anglais à table ou pendant les jeux. Mais leurs amis les plus proches sont toujours des francophones.
J'ai l'impression qu'on me comprend ici plus vite que lors de mon arrivée en France, avec mes bases de l'Institut Français; mais dès qu'on me sort un truc idiomatique je souris béatement et je m'éclipse. C'est pénible de revivre la même chose 15 ans plus tard, tout recommencer à presque zéro, de faire cet effort immense de rentrer dans la finesse d'une langue étrangère, de l'assimiler et de la faire presque sienne; je ne sait pas si j'aurai le courage cette fois encore...

lundi 12 février 2007

conduite


"Ils ne sont pas nerveux ici, sur les routes", m'a dit une amie, depuis deux ans aux États Unis. Elle aurait préféré qu'ils le soient plus, à la rigueur...
La conduite est plus molle ici, on se donne du temps, à part quelques uns, on ne s'affole pas, on est courtois quand quelq'un veut s'intégrer sur l'autoroute. Le klaxon est rare, et l'appel de phare est compris uniqument comme un signe de détresse ou de mise en garde.
Ils ont des parkings immenses avec des allées très larges en sens unique pour y rentrer et en sortir uniquement; ils ne faut pas mélanger les deux, on subit des regards éberlués si on fait un contre-courant dans une allée où de tout façon il y a assez de place pour les deux sens.
La place occupée par les parkings à Los Angeles est monstrueuse, puisque chaque boutique, restaurant, entreprise à son parking attenant, ou sa tour de parkings.
Avec tous ces parkings, les distances sont plus grandes, donc les voitures plus nombreuses, et donc les parkings plus nécessaires, etc..
Encore plus commode que les parkings: les stations d'essence. Une fois la carte de credit acceptée par la machine, on bloque la pompe introduite dans le réservoir avec un petit crochet prévu à cet effet, et on peut s'assoir dans la voiture et lire ou faire d'autre chose, vu la taille du reservoir, on a le temps.
Les boîtes de vitesse étant à plus de 90% automatiques, les gens font presque tout dans leur voiture: ils téléphonent, se maquillent, se rasent, mangent, et boivent. Et ils se draguent avec des regards dans les rétros au feu rouge ou dans un bouchon. D'ailleurs, même si les Angelinos se plaignent des embouteillages, ceux-ci ne sont pas comparables à ceux de la 86 parisienne. Les autoroutes ont souvent 5 voies, et il n'y a pas de départ massif en vacances ni en week-end.
Quand j'habitais à Paris, si un jour il m'arrivait de passer par le pont des Arts, je m'arrêtais et pleurais devant tant de beauté et de chance de vivre dans cette ville là.
C'est un peu près ce qui m'arrive quand je prends le pont de l'Interstate 5 pour Los Angeles...
Disons que mes critères esthétiques ont évolué, ainsi que le moyen de locomotion pour la découverte de la ville, mais le bonheur est le même, d'appartenir à cet endroit.

vendredi 9 février 2007

ongle


C'est plus qu'un art ici, l'ongle est une culture.
Sur certaines avenues, il y a des nails shops tous les 100, 200 mètres. Souvent tenus par des Asiatiques, c'est propre, efficace, sans RDV, et avec le sourire. Il y a ce qu'on appelle le full-set, c'est à dire la pose de faux, pratique très courante, il y des "spa de pieds" très appréciés des hommes, et des "French manucure" impeccables en 10 min.
Ici, toutes les femmes ou presque ont des ongles parfaits; pour trouver un bon coiffeur, c'est la galère, mais on peut se faire faire les ongles à chaque coin de rue.
Aussi facile à trouver que les douches autobronzantes avec le blanchissement de dents pendant qu'on sèche.

lundi 5 février 2007

maison

Celle-là se trouve à la frontière du Nevada, malheureusement, on ne trouve pas ça à Los Angeles.
Dans les quartiers résidentiels de Los Angeles, on voit toutes sortes de maisons: des maisons fragiles en lattes avec des terrasses donnant sur la rue, des maisons de style mexicains en couleurs chaudes, pas hautes, un étage mais avec des balcons ombragés, costaudes, simples et charmantes. Il y a des maisons "d'architecte" cubiques, en verre et bois exotique; parfois des panneaux solaires sont installés sur les toits. Et il y aussi des baraques avec des colonnes et des tympans, et un intimidant escalier d'entrée; des manoirs "normands" à colombages, des châteaux-forts avec des tourelles et même des chaumières.
Les quartiers élégants succèdent sans transition aux quartiers qui craignent; il y a un magnifique, immense Griffith Park, des jardins à la végétation luxuriante et des arbres sompteux et étranges, et au coin, commencent des boulevards bétonnés avec des kilomètres de parkings, des fast-foods aux enseignes criardes, des boutiques de tatouage, et encore des parkings et des garages. Les no man's lands en plein ville et le bric et broc architectural, le manque de charme omniprésent, donnent à cette ville une ambiance unique, et son charme paradoxal. Cette ville conçue sans le moindre souci urbanistique, si inhumaine et étendue, quand on la traverse en voiture d'Ouest en Est, devient la nuit une mer de millions de lumières quand on l'approche en avion ou en descendant des montagnes. Et ça c'est renversant de beauté.