Au bout du monde il y a un archipel, au bout de ce archipel il y a une île, au bout de cette île il y a une ville qui s'appelle Hana aux environs de laquelle il y a cette maison. Comme un ultime refuge. Et un prétexte pour caser cette photo que j'aime particulièrement.
dimanche 20 mai 2007
Hana
Au bout du monde il y a un archipel, au bout de ce archipel il y a une île, au bout de cette île il y a une ville qui s'appelle Hana aux environs de laquelle il y a cette maison. Comme un ultime refuge. Et un prétexte pour caser cette photo que j'aime particulièrement.
vendredi 4 mai 2007
réchauffement
On en parle pas assez. Et il y a encore beaucoup d'Américains, qui pensent qu'il n' y pas de réchauffement, ou alors qu'il n'est pas provoqué par l'homme; il s'agirait simplement d'un phénomène naturel, avant le prochain refroidissement...
Cela dit, le film "An inconvenient truth"a été récompensé aux Oscars, Al Gore est invité de temps en temps par les grandes chaînes de télévision aux heures de grande écoute pour parler du réchauffement, même si certains journalistes restent toujours incrédules face aux menaces qu'il décrit. Dans le Parc Aquatique de San Diego, avant les spectacles des orques, on projette un film sur la "terre-mère" et la nécessité de protéger les espèces, mais pas un mot sur la fonte des glaciers, cette menace imminente pour plusieurs espèces.
On trouve des articles dans les revues d'urbanisme qui décrivent des "green houses" (maisons avec système de recyclage des eaux, sans clim, avec des panneaux solaires, des vitres et des ouvertures placées pour optimiser l'ensoleillement et la ventilation).
Il y a à Los Angeles des jardins constitués uniquement de cactus ou de plantes grasses, qui ne doivent être arrosés que sporadiquement, ou des toits couverts de panneaux solaires. Mais ces derniers sont très rares, alors que le climat ici est parfait pour l'énergie solaire. La règle, c'est encore les maisons ou les bureaux climatisés en permanence, avec une température constante.
Il y a en Californie cette idée de créer une nouvelle technologie basée sur les énergies recyclables, comme il y a eu la Silicon Valley dans le passé, ou le cinéma auparavant. Pour l'instant c'est plus un concept qu'autre chose.
lundi 30 avril 2007
pub
Il y a trois sujets de pub dominants dans ce pays: la bouffe, la voiture, le médicament.
Pour la voiture, la pub fait souvent appel au fantasme du pionnier qui va pécher ou faire du kayak dans les endroits sauvages et inaccessibles, ce éternel fantasme américain d'être un vrai dur, proche de la nature vierge et menaçante dans un campement rudimentaire et des conditions météo extrêmes, entouré d'ours, de pumas ou de loups. En réalité, tous ces mecs qui s'achètent d'énormes SUV (Sport Utility Vehicle: un croisement entre 4/4 et espace) vont faire leur courses au supermarché du coin, et en dehors de la ville, circulent sur les routes goudronnés uniquement, les chemins en terre étant réservés aux Rangers (gardiens des parcs nationaux et municipaux).
Pour la voiture, la pub fait souvent appel au fantasme du pionnier qui va pécher ou faire du kayak dans les endroits sauvages et inaccessibles, ce éternel fantasme américain d'être un vrai dur, proche de la nature vierge et menaçante dans un campement rudimentaire et des conditions météo extrêmes, entouré d'ours, de pumas ou de loups. En réalité, tous ces mecs qui s'achètent d'énormes SUV (Sport Utility Vehicle: un croisement entre 4/4 et espace) vont faire leur courses au supermarché du coin, et en dehors de la ville, circulent sur les routes goudronnés uniquement, les chemins en terre étant réservés aux Rangers (gardiens des parcs nationaux et municipaux).
La nourriture dans la pub est présentée différemment qu'en Europe; on joue moins sur l'ambiance, la convivialité et plus sur l'aspect nourrissant et appétissant: des gros plans sur des plats dégoulinant de sauces, sur des hamburgers débordant de différents composants, ou sur des viandes et des poissons enrobés d'une triple chapelure/friture, bref, on zappe dégoûté.
Pour les somnifères/antidépresseurs/médicaments contre les problèmes de prostate ou d'érection, il s'agit là encore d'une publicité basique, présentant les gens avant/après la prise des médicaments, avec une série de contre-indications, débitées à toute vitesse.
En général la pub ici est, certes, efficace et omniprésente (un film est coupé par les pubs tous les 10 min.) mais très rarement drôle ou inventive.
samedi 28 avril 2007
gala
Chaque année, l'école lève des fonds pour réaliser des projets d'amélioration ou de dévelopment de l'école, et le "Foundriser Gala" en est un des outils.
Quelques mères se portent volontaires pendant des mois pour préparer cet événement (recherche de sponsors, de dons, de l'endroit, du traiteur, mise en page et édition du catalogue).
J'ai voulu comprendre ce phenomène étrange, pour des Européens. D'autant plus étrange que les frais de scolarités sont très élevés.
Une des tâches les plus importantes, avant le gala, est de collecter des dons des parents, de leurs relations, des amis d'école ou de différents sponsors, pour les mettre aux enchères le jour du gala.
Quelques mères se portent volontaires pendant des mois pour préparer cet événement (recherche de sponsors, de dons, de l'endroit, du traiteur, mise en page et édition du catalogue).
J'ai voulu comprendre ce phenomène étrange, pour des Européens. D'autant plus étrange que les frais de scolarités sont très élevés.
Une des tâches les plus importantes, avant le gala, est de collecter des dons des parents, de leurs relations, des amis d'école ou de différents sponsors, pour les mettre aux enchères le jour du gala.
Le grand soir venu, à l'acceuil, les convives commencent par donner leurs noms et leurs numéros de cartes de crédit. Le ton est donné tout de suite. Il y a d'abord des "enchères silencieuses' : On renchérit en mettant son n°de participant à côté du lot (ou sa photo et description) que l'on convoite, tout ceci dans un temps limité. Le dernier enchérisseur remporte le lot. Ensuite, le dîner commence autour d'un podium sur lequel un auctionneer professionnel s'escrime avec son marteau en parlant avec un débit incroyable : là il s'agit de "live auction", les dons sont chers et prestigieux,il faut en tirer le maximum et cela dépend en partie de la verve et du charisme de l'auctionneer. Cet année, il devait être efficace, puisque les enchères étaient élevées. La sono était réglée tellement fort, pendant le dîner, qu'on ne savait ni ce qu'on disait ni ce qu'on mangeait. J'ai timidement suggéré au comité du gala d'organiser la prochaine fois la live auction avant ou après le dîner, pour apprécier les deux séparément, mais le problème avec les Américains, c' est que dès qu'ils sont assis, et c'est le cas pendant la live auction, il faut qu'ils mangent. Et dès qu'ils finissent de manger, ils se lèvent et partent.
L'endroit, au coeur de Downtown, était somptueux, les gens chics, sobres et généreux, comme nous l'avons appris par la suite.
L'endroit, au coeur de Downtown, était somptueux, les gens chics, sobres et généreux, comme nous l'avons appris par la suite.
mardi 24 avril 2007
sécurité
Il y a quelques semaines, dans une fac, il y a eu 33 morts ou plus, parce qu'un mec est rentré dans les classes, une après l'autre, et a fusillé tout ce qui dépassait des tables. Les chaînes de télévision ont envoyé leur correspondants sur place et nous avons pu suivre en direct la situation juste après le carnage. Il y avait des interviews des étudiants très choqués mais prêts à revenir dans cette école. Il semblerait que les policiers déjà en place avant le massacre, n'ont pas réagi suffisamment rapidement; le Président des États Unis a déclaré que sa femme et lui étaient tristes, les journalistes et les politiciens se sont posé un tas de questions mais personne n'a mis en cause le porte d'arme dans ce pays ...Il semble que ce soit la 5ème attaque armée dans une école américaine depuis début d'année scolaire, on achète des armes dans les grandes surfaces, les munitions dans les magasins de sport et même les gens instables et reconnus comme tels et dangereux peuvent s'en procurer sans la moindre difficulté.
L' Américain est très attachés à l'image du pionnier qui vit avec sa famille, son cheval et son flingue, perdu dans 'espace immense et hostile, et ne pouvant compter que sur ses forces pour subsister. Dans la réalité, il va travailler, faires ses courses et boire une bière le soir chez soi comme partout ailleurs. Et la vie à Los Angeles ne semble pas plus dangereuse ou aventureuse qu'en Europe. L'aventure et les dangers ont disparu, mais l'arme et l'attachement à l'arme reste . Elle représente la liberté et c'est un droit constitutionnel d'en posséder une. En Californie après l'achat, il faut l'enregistrer et remplir pas mal de paperasse mais ce n'est pas compliqué, en Arizona les procédures sont plus simplifiées encore...
L' Américain est très attachés à l'image du pionnier qui vit avec sa famille, son cheval et son flingue, perdu dans 'espace immense et hostile, et ne pouvant compter que sur ses forces pour subsister. Dans la réalité, il va travailler, faires ses courses et boire une bière le soir chez soi comme partout ailleurs. Et la vie à Los Angeles ne semble pas plus dangereuse ou aventureuse qu'en Europe. L'aventure et les dangers ont disparu, mais l'arme et l'attachement à l'arme reste . Elle représente la liberté et c'est un droit constitutionnel d'en posséder une. En Californie après l'achat, il faut l'enregistrer et remplir pas mal de paperasse mais ce n'est pas compliqué, en Arizona les procédures sont plus simplifiées encore...
lundi 16 avril 2007
santé

Quand on négocie un contrat de travail, en plus de salaire on peut demander l'assurance santé et dentaire. Parfois l'employeur n'est pas d'accord et il faut se la payer soi-même, ou choisir de ne pas l'avoir.
Quand on appelle n'importe quel médecin ou dentiste pour prendre un RDV, avant qu'on puisse parler du problème qu'on a, on nous demande quelle est notre assurance. Si le médecin ou le dentiste ne travaille pas avec telle ou telle assurance , il faut chercher ailleurs ou payer plein pot.
Des médecins et des dentistes, il y en a énormement, mais ils travaillent très rarement le Samedi. En général, ils font un vrai suivi marketing. En plus de la tasse aux armes du dentiste lors du premier rendez-vous, le mari reçoit un News Letter bi-mensuel de son dentiste, et une carte de voeux pour son anniversaire, avec un "we miss you".
Quand on appelle n'importe quel médecin ou dentiste pour prendre un RDV, avant qu'on puisse parler du problème qu'on a, on nous demande quelle est notre assurance. Si le médecin ou le dentiste ne travaille pas avec telle ou telle assurance , il faut chercher ailleurs ou payer plein pot.
Des médecins et des dentistes, il y en a énormement, mais ils travaillent très rarement le Samedi. En général, ils font un vrai suivi marketing. En plus de la tasse aux armes du dentiste lors du premier rendez-vous, le mari reçoit un News Letter bi-mensuel de son dentiste, et une carte de voeux pour son anniversaire, avec un "we miss you".
mardi 10 avril 2007
chasse
Dimanche de Pâques, tôt le matin à Santa Monica, nous avons pris la route jusqu'à la villa Getty au bord du Pacifique, un peu avant Malibu.
Nous avons traversé la "via romana" reconstituée, puis de grands jardins et un beau bassin devant la maison. En entrant dans le jardin intérieur de cette maison conçue sur un plan carré, les enfants ont remarqué des coquilles en plastique coloré (les Américains étant pratiques et hygiéniques, on cache les chocolats de Pâques dans des coquilles type Kinder Surprise). Sauf qu'à la villa Getty, au lieu du chocolat, on trouvait dans ces coquilles des photos légendées des oeuvres exposées dans le musée.
Les enfants ont dévalisé le jardin de tous ces oeufs cachés dans les mains des statuettes, dans l'herbe ou les haies. Sous les regards soulagés des gardiens, nous avons ensuite recaché une partie de ces trésors, pour les enfants arrivant après les nôtres.
Il y a beaucoup de sculptures, mosaïques, et vases peints, mais ce que j'ai préféré, ce sont les très anciennes statuettes, comme celle de la Femme enceinte des Cyclades ou la déesse de la fertilité de Chypre, très épurée, presque cubiste; des vases et bols chypriottes en terre cuite, ou encore une statue grecque de cheval moins ancienne mais très charmante.
Les enfants accablés par deux heures de visite se sont appuyés tout les trois sur une large barrière devant une vitrine, et cette barrière est tombée dans un bruit monstreux, devant les gardiens éberlués et les visiteurs scandalisés. Le mari et moi étant devant une autre vitrine, nous nous sommes retournés lentement en imaginant que ce qui est tombé était un vase de 3000 avant J.C.
Heureusement il s'agissait seulement de la barrière, que les gardiens ont rapidement ré-installé, mais nous avons décidé d'abréger la visite...
lundi 2 avril 2007
solidarité
Le mot "solidarité" a tout son sens ici: on a re-voté il y a 3 ans pour le Chef de l'Etat, que l'on critique par ailleurs, parce qu'on ne pouvait pas abandonner un Président en guerre.
A l'école, dans la "Course contre la faim", les enfants non seulement s'engagent à parcourir un certain nombre de kilomètres le jour venu, mais cherchent aussi des sponsors pour financer leur course. Et en cherchant des sponsors, ils sont censés aussi penser à ceux qui ailleurs ont besoin de cet argent pour survivre.
Quand un aide du jardinier de l'école devrait rentrer chez lui au Vénézuela, au dernier stade du cancer, toutes les classes se sont cotisées pour soutenir sa famille.
Il est aussi primordial, pour un lycéen qui veut entrer dans une bonne université, d'avoir , en plus d'un bon dossier scolaire et sportif, une activité bénévole ou caricative.
Ici, la solidarité est indivduelle, alors qu'en France elle est plus du ressort de la collectivité.
vendredi 30 mars 2007
volcan
A Maui, une des îles hawaïennes, il y a un volcan de 3000m avec un énorme cratère, profond de 1000 mètres, dans lequel on peut faire des balades de 8 heures,ou 3 jours. Descendre dans ce cratère est une expérience unique et du genre mystique: c'est absolument grandiose, inquiétant et exaltant au même temps. Les couleurs sont intenses, changeantes, les dénivelés impressionnants, les formes des rochers et des reliefs étranges. Ce n'est pas complètement minéral comme milieu, il y a des plantes très étranges, elles aussi, qui ne poussent que dans cet endroit, il paraît . On arrive tout en haut de ce volcan en voiture. Plusieurs agences organisent des descentes en vélo jusqu'à la mer. Le départ du sommet est à 4 heures du matin; tous les cyclistes sont vêtus de combinaisons genre Bibendum jaunes ou bleues ridicules, toutes identiques, fournies par l'organisateur. Ca doit être marrant de descendre en vélo 3000m d'un seul coup, malgré le froid (1 ou 2°C au sommet) et la proximité des voitures (une seule route de deux voies pour tous). On ne l'a pas faite, cette descente, les enfants ne l'auraient pas appréciée. Surtout, le rendez-vous était à 2 ou 3 heures du matin, pour pouvoir commencer la descente dans l'aurore. Les jolies couleurs, d'accord, mais pas au prix d'un tel effort.
C'est vrai que les Américains se lèvent tôt, d'une manière générale.
Du coup, à 2 heures de l'apres midi, on était tous seuls dans cet espace immense, à contourner les cratères dans le cratère.
Ce qui est inhabituel , c'est de commencer la ballade par une descente, et finir par une remontée. Pour les enfants, c'est destabilisant ("Tout ce que tu as parcouru, il va falloir le refaire, en plus dur").
dimanche 25 mars 2007
décharge
Toute une institution: on veut louer des vélos ou des kayaks: des pages de décharges à signer; on s'inscrit dans un club de sport: le contrat et décharges à signer; on va chez le dentiste, trois pages à signer avant se mettre sur le fauteuil; aux urgences le fils saignait abondamment et se tordait de douleur mais avant quoi que ce soit il fallait signer les décharges. Pour l'école, on signe des décharges en cas de blessure à la récréation, de noyade à la piscine, d'accident en bus scolaire, ou d'étouffement pendant le déjeuner...
En fait on s'engage à ne pas porter plainte et à ne pas faire de procès dans le cas où ça tourne mal, parce qu' un professionnel a mal fait son boulot, par ex. Du coup on a l'impression que personne n'est responsable de grand chose: on est "déchargé" de toute responsabilité lié à son travail, légalement on est blindé.
En Septembre dernier nous avons voulu faire une promenade à cheval dans le Griffith Park, il y a pas mal de centres hippiques qui pour deux ou trois heures fournissent un accompagnateur et des chevaux.
Le cheval du fils et le mien avaient le tempérament et le look d'un mule, mais celui de la fille aînée semblait plus élancé et plus fin. Au bout d'une heure, assez haut sur les collines du parc, ce cheval est partit au triple galop avec la fille hurlante, et sautillant dans tous les sens sur la selle... L'accompagnateur, pas affolé du tout, les a suivi, il semblait peu concerné par tout ça, les décharges ont été signées, le reste, il s'en foutait.
Le cheval s'est arrêté tout seul au bord d'un précipice, la fillette qui a heureusement suivi quelques cours d'équitation en France, a su se cramponner...On se rend compte que toute entreprise peut s'avérer périlleuse puisqu'il faut compter plus sur ses propres forces, sa compétence et sa chance, que sur l'implication et le sens de responsabilité de l'organisateur.
En fait on s'engage à ne pas porter plainte et à ne pas faire de procès dans le cas où ça tourne mal, parce qu' un professionnel a mal fait son boulot, par ex. Du coup on a l'impression que personne n'est responsable de grand chose: on est "déchargé" de toute responsabilité lié à son travail, légalement on est blindé.
En Septembre dernier nous avons voulu faire une promenade à cheval dans le Griffith Park, il y a pas mal de centres hippiques qui pour deux ou trois heures fournissent un accompagnateur et des chevaux.
Le cheval du fils et le mien avaient le tempérament et le look d'un mule, mais celui de la fille aînée semblait plus élancé et plus fin. Au bout d'une heure, assez haut sur les collines du parc, ce cheval est partit au triple galop avec la fille hurlante, et sautillant dans tous les sens sur la selle... L'accompagnateur, pas affolé du tout, les a suivi, il semblait peu concerné par tout ça, les décharges ont été signées, le reste, il s'en foutait.
Le cheval s'est arrêté tout seul au bord d'un précipice, la fillette qui a heureusement suivi quelques cours d'équitation en France, a su se cramponner...On se rend compte que toute entreprise peut s'avérer périlleuse puisqu'il faut compter plus sur ses propres forces, sa compétence et sa chance, que sur l'implication et le sens de responsabilité de l'organisateur.
mercredi 21 mars 2007
service
Chose étrange pour un Français, le plombier ici vient dans l'heure suivant l'appel, et il ne s'agit pas d'une urgence ni d'un plombier polonais.
Il donne son devis en 10 min, avec une réduction de 10% s'il commence les travaux tout de suite.
Pour n'importe quel dépannage, on peut demander le passage d'un professionnel à partir du 19H, dans la semaine, et il travaille jusqu'à 21H s'il le faut.
Il y aussi des sociétés de nettoyage proposant des femmes de ménage (assurées ou pas), qui arrivent à deux avec tout le matériel pour deux heures de travail dans le créneau horaire choisi par le client.
Il y a des boîtes qui accompagnent les étrangers dans tout ce qui est administratif (demande de n° de sécurité sociale, déclaration d'impôts, etc.). Ce n'est pas toujours très efficace ni pro mais il y a systématiquement un suivi de satisfaction du client, par e-mail et ensuite par téléphone. De même pour les déménagements ou les livraisons.
Le souci d'un bon service client est central dans tous les domaines.
Il donne son devis en 10 min, avec une réduction de 10% s'il commence les travaux tout de suite.
Pour n'importe quel dépannage, on peut demander le passage d'un professionnel à partir du 19H, dans la semaine, et il travaille jusqu'à 21H s'il le faut.
Il y aussi des sociétés de nettoyage proposant des femmes de ménage (assurées ou pas), qui arrivent à deux avec tout le matériel pour deux heures de travail dans le créneau horaire choisi par le client.
Il y a des boîtes qui accompagnent les étrangers dans tout ce qui est administratif (demande de n° de sécurité sociale, déclaration d'impôts, etc.). Ce n'est pas toujours très efficace ni pro mais il y a systématiquement un suivi de satisfaction du client, par e-mail et ensuite par téléphone. De même pour les déménagements ou les livraisons.
Le souci d'un bon service client est central dans tous les domaines.
Dans les restaurants, l'attente n'est jamais longue. Au début du repas, le serveur se présente ("Je m'appelle Joe, je vais m'occuper de vous ce soir, etc.."), et veut instaurer une relation personalisée, qui n'existe pas du tout en France. C'est aussi possible parce que les serveurs sont nombreux et disponibles; en fait, il y a celui qui remplit les verres, au bas de l'échelle, puis celui qui apporte les plats, et enfin il y a Joe, pour demander si tout va bien, et pour remercier.
Dans les allées de supermarchés, le client est très fréquemment abordé par le personnel avec un "any help?"; à la caisse on lui remplit ses sacs, il ne s'occupe que du paiement, parfois on l'accompagne avec ses courses jusqu'à sa voiture. Les services publics sont un peu plus efficaces comme en France, même si on attend quand même.
D'un autre côté, on trouve dans les pages jaunes des prestataires, avec des cartes de visite bidon, à l'honneteté douteuse: il m'est arrivé, au début de mon séjour, de faire appel à un nettoyeur de vitres, qui est venu très rapidement, et qui a travaillé de façon impecable. Pas de chance, il n'a pas bloqué une fenêtre qu'on ne vérifie jamais, et ce sont probablement ses copains qui sont passés trois semaines après, pendant mon absence, pour voler quelques bijoux en or. La même chose est arrivée à une copine qui elle était là, pendant le nettoyage de moquette...
Depuis, on s'est équipé d'un coffre-fort, et on hésite à acheter une arme. Je plaisante.
Depuis, on s'est équipé d'un coffre-fort, et on hésite à acheter une arme. Je plaisante.
dimanche 18 mars 2007
musée
Quelques musées, souvent à l'architecture recherchée et surprenante sont situés dans des endroits très agréables, entourés de magnifiques jardins. Beaucoup des pièces majeures comme dans le Norton Simon à Pasadena qui n’est pas immense mais qui expose des tableaux de Monet, Renoir, van Gogh et Cézanne, Klee, Kandinsky, Matisse, Braque, Picasso, il y a aussi des danceuses de Degas (peintures et sculptures), quelques sculptures de Rodin et de Giacommetti. C’est typiquement une collection privée, hétéroclite, issue des coups de cœur du fondateur…Les visites privées avec un conférencier y sont possibles, avant l'ouverture du musée, tous ces tableaux et sculptures magnifiques, on les a pour nous tous seuls, si on veut.
Ce qui est agréable et triste en même temps, c'est que dans toutes ces salles remplies de splendeurs, il y a très peu de visiteurs. Au LACMA, un samedi après-midi, nous n'étions que quelques uns, tels des fantômes (certains fantômes très bruyants d'ailleurs, les enfants devenant infernaux après une demi-heure de visite) dans ces salles, couloirs et ascenseurs immenses et désolés.
Et si on se lasse de la peinture italienne et flamande du Getty Center, ou de son mobilier, le musée étant situé sur une colline et ouvert tard, on peut toujours admirer par les grands baies vitrées, Los Angeles, ville tellement plus belle la nuit.
Et si on se lasse de la peinture italienne et flamande du Getty Center, ou de son mobilier, le musée étant situé sur une colline et ouvert tard, on peut toujours admirer par les grands baies vitrées, Los Angeles, ville tellement plus belle la nuit.
jeudi 15 mars 2007
Hollywood

Il y a en deux: Hollywood crade, moche qui craint, et West Hollywood, un ghetto de riches et célèbres. Hollywood Blvd traverse les deux quartiers de l'Est en Ouest.
Dès qu'on voit des palmiers plantés sur un boulevard, on est sûr d'entrer dans les quartiers chics. C'est très net, aussi bien sur Santa Monica blvd que sur Sunset ou Melrose.
Avant le croisement avec Highland, c'est l'enchevêtrement bordélique d'imeubles sinistres, des fast-foods, des dealers (ici, il s'agit des vendeurs de voitures, qui s'étalent sur des kilomètres), des parkings, des entrées d' autoroute partout. Plus loin, il y a plus de verdure, d'espace, des enseignes et des restaurants plus élégants, l'ambiance change sans transition.
En fait, Hollywood boulevard n' a rien de marquant, et est forcément décevant, même au niveau du Chinese Theater (cinéma splendide par ailleurs), où sont les fameuses empreintes.
Le dimanche des Oscars, une partie de Hollywood Blvd était fermée à la circulation, même aux vélos. Les policiers vérifiaient à l'aide d'un miroir les chassis des voitures des invités à la cérémonie. On n'a jamais vu à Los Angeles autant de mecs en costard/smoking au mètre carré... Cela dit, cette cérémonie laissent la plupart des Angelinos indifférents. D'ailleurs les studios de cinéma ne sont pas à Hollywood; mais à Burbank, au nord de Los Angeles.
Quant aux lettres blanches (les "Hollywood signs"), on les voit très bien quand on sort du Castorama local, le charriot rempli de ciment.
dimanche 11 mars 2007
style

Il n'y en a pas à Los Angeles.
C'est le sport wear omniprésent, même au boulot.
Quand le mari est arrivé le premier jour à son travail en costard-cravate, on l'a pris pour un extra-terrestre. Cadre, consultant, directeur, on se met à l'aise en Californie, même les banquiers sont décontractés.
Cela dit, comment s'habiller pour telle ou telle occasion est toujours explicite; si la boîte organise une sortie, le dress code est toujours indiqué par un e-mail. On évite d'être trop sérieux, mais il y a peu de place pour la fantaisie et encore moins pour l'extravagance.
C'est le sport wear omniprésent, même au boulot.
Quand le mari est arrivé le premier jour à son travail en costard-cravate, on l'a pris pour un extra-terrestre. Cadre, consultant, directeur, on se met à l'aise en Californie, même les banquiers sont décontractés.
Cela dit, comment s'habiller pour telle ou telle occasion est toujours explicite; si la boîte organise une sortie, le dress code est toujours indiqué par un e-mail. On évite d'être trop sérieux, mais il y a peu de place pour la fantaisie et encore moins pour l'extravagance.
Le jour où on a demandé de venir travailler Samedi dans la boîte du mari, la seule question qui a été posée a été "quel est le dress code ?"
Il y a certes des branchés dans les boîtes de nuit, chez Trader Joe's (chaîne de supérettes bio), dans les boutiques vintage ou dans les expos.
Mais l'impression générale est qu'on s'en fout ce qu'on se met sur le dos, ça doit être confortable et "passe-partout". Sinon, le mot d'ordre dans les boutiques de fringues ou de lingerie est d'être "sexy". Les femmes Californiennes ont un besoin viscéral de paraître sexy, même si cela ne se voit pas du tout dans la rue.
Elles sont peut-être très sexy à la maison.
Il y a des femmes, notamment des "celebrities" qui essayent d'être élégantes, chics, mais la plupart de temps, elles semblent déguisées, endimanchées, mal à l'aise : comme si ça n'allait pas de soi et n'ira jamais. Ou ce n'est peut-être que la question de la Côte?
Quand on compare les pubs de mode dans le magasine américain de mode le plus connu, ce qui saute aux yeux est la différence entre la femme new-yorkaise sophistiquée, cheveux sombres, plutôt plate, et la Californienne à l'opposé de ça...
Il y a certes des branchés dans les boîtes de nuit, chez Trader Joe's (chaîne de supérettes bio), dans les boutiques vintage ou dans les expos.
Mais l'impression générale est qu'on s'en fout ce qu'on se met sur le dos, ça doit être confortable et "passe-partout". Sinon, le mot d'ordre dans les boutiques de fringues ou de lingerie est d'être "sexy". Les femmes Californiennes ont un besoin viscéral de paraître sexy, même si cela ne se voit pas du tout dans la rue.
Elles sont peut-être très sexy à la maison.
Il y a des femmes, notamment des "celebrities" qui essayent d'être élégantes, chics, mais la plupart de temps, elles semblent déguisées, endimanchées, mal à l'aise : comme si ça n'allait pas de soi et n'ira jamais. Ou ce n'est peut-être que la question de la Côte?
Quand on compare les pubs de mode dans le magasine américain de mode le plus connu, ce qui saute aux yeux est la différence entre la femme new-yorkaise sophistiquée, cheveux sombres, plutôt plate, et la Californienne à l'opposé de ça...
lundi 5 mars 2007
Venice
Sous prétexte d'avoir trois canaux qui se courent après, en été presque desséchés et tristes, cette petite ville à l'ouest de L.A. pique son nom à la belle Italienne .
Par contre, la promenade très animée qui longe la plage est unique. Une faune extrêmement variée et pittoresque grouille entre les boutiques de fringues, les chapeaux, les enseignes où on peut se faire faire un piercing ou un tatouage. D'ailleurs énormément de gens ici sont tatoués, avec parfois des tatouages occupant le bas du dos, toute une épaule ou un mollet.
Des ménagères de 50 ans, les caissières au supermarchés, les maîtres nageurs à la piscine, des jeunes filles et garçons à la plage arborent des tatouages.
Sur une bande de ciment étroite le long de la plage, sur des kilomètres, les gens courent, font du vélo, du roller, ou de la planche à roulettes, dans une ambiance décontractée; on se donne en spectacle, et on regarde. De temps à autre, cet espace s'élargit pour les danseurs ou les pros du skate board.
Le mari a réessayé la planche à roulette. Après une pause de 30 ans, ses réflexes sont un peu émoussés. Et malgré tout ses efforts, il n'arrive pas à amener sur cette planche le fils, qui a tendance à considérer que c'est un truc du "Moyen-Age".
On ne vient pas vraiment à Venice Beach pour se baigner; l'eau est froide, et les premières vagues sont souvent dissuasives pour les enfants. On voit parfois des dauphins sauter à quelques mètres de la plage, mais les passages des hélicoptères surveillant la côte sont malheureusement plus fréquents et plus bruyants.
lundi 26 février 2007
travail
A la française, je commence la rubrique "travail" par les vacances
.
Il y a déjà peu de jours fériés aux États Unis, mais en plus, pour la moitié d'entre eux, on travaille comme un jour normal. Il y a bien sûr Noël et Thanksgiving, une semaine de congé dans l'année, voire éventuellement deux, mais aucune baisse de régime en été, contrairement à la France. Aux gens qui partent pour trois jours de week-end prolongé, on souhaite de "bonnes vacances" et ils en rentrent comme si la coupure était bien plus longue...
On peut réveiller un employé la nuit, le déranger le week-end ou pendant les vacances .
On peut demander aux gens le vendredi matin de venir travailler le samedi, et ils ne protestent pas, viennent travailler, et ne reçoivent pas de compensation pour cette journée là, ni financière ni en jour de congé . Il suffit qu'un projet ait un léger retard pour que tout le monde vienne le samedi. A la fois parce c'est dans l'interêt commun, parce que le travail est l'élément central dans la vie d'un Américain, et aussi tout simplement parce qu'on obéit au chef. Si un projet important s'annonce, et un grand nombre de salariés est mobilisé, la cantine offre les petits-déjeuners, et les dîners, à côté du poste de travail, ce qui permet de gagner encore quelque minutes; il ne manque que les lits de camps. Dans des situations exceptionnelles, on peut travailler de 8H à 3H (du matin) en commandant éventuellement une pizza pour tous au milieu de la nuit.
Quand, lors d'un démarrage informatique dans une grosse usine, on a demandé au mari de travailler la nuit pendant 2 semaines, il n'en revenais pas. Et a fini par s'habituer au bout de 8 jours à se coucher après le petit-déjeuner.
Il y a quelques jours dans l'entreprise du mari, on a annoncé la "Black celebration Day"; ces jours là, il y avait deux Blacks à l'entrée avec des objets d'art vaguement africains, un truc complètement incongru aux Etats-Unis, et faux pour ceux qui connaissent ne serait-ce que les puces de Clignancourt; et puis une présentation d'un Afro-Américain qui a réussi dans la boîte, parlant aux autres Afro-Américains de son parcours. Si on fêtait la "White celebration Day" ce serait beaucoup moins bien perçu...
Au premier jour de travail, on suit une formation sur le harcèlement sexuel pendant deux heures; ça semble aussi être un sujet important. Pourtant rien n'est moins sexuel que l'environnement de travail aux Etats Unis, selon le mari...
mardi 20 février 2007
langue
54% des foyers à Los Angeles ne parlent pas anglais à
la maison.
Dans les magasins, on passe de l'anglais à l'espagnol à la tête du Client.
Sur les 40 chaînes de télé, un tier est en espagnol ou dans une langue asiatique.
Le mari, au bout d'un an aux Etats Unis, ayant reçu une formation traditionnelle en anglais en France, a toujours du mal à comprendre les gens du Sud en conférence téléphonique, ou à se faire comprendre à 100% lors d'une réunion. Il s'est dit en arrivant, "dans un an, ce sera bon", maintenant on se dit plutôt: dans un an ça ira mieux (mais toujours avec l'accent).
Par contre, les enfants ont déjà un bon accent, et commencent à chanter spontanément en anglais à la maison, ou à échanger des petites phrases en anglais à table ou pendant les jeux. Mais leurs amis les plus proches sont toujours des francophones.
J'ai l'impression qu'on me comprend ici plus vite que lors de mon arrivée en France, avec mes bases de l'Institut Français; mais dès qu'on me sort un truc idiomatique je souris béatement et je m'éclipse. C'est pénible de revivre la même chose 15 ans plus tard, tout recommencer à presque zéro, de faire cet effort immense de rentrer dans la finesse d'une langue étrangère, de l'assimiler et de la faire presque sienne; je ne sait pas si j'aurai le courage cette fois encore...
lundi 12 février 2007
conduite
"Ils ne sont pas nerveux ici, sur les routes", m'a dit une amie, depuis deux ans aux États Unis. Elle aurait préféré qu'ils le soient plus, à la rigueur...
La conduite est plus molle ici, on se donne du temps, à part quelques uns, on ne s'affole pas, on est courtois quand quelq'un veut s'intégrer sur l'autoroute. Le klaxon est rare, et l'appel de phare est compris uniqument comme un signe de détresse ou de mise en garde.
Ils ont des parkings immenses avec des allées très larges en sens unique pour y rentrer et en sortir uniquement; ils ne faut pas mélanger les deux, on subit des regards éberlués si on fait un contre-courant dans une allée où de tout façon il y a assez de place pour les deux sens.
La place occupée par les parkings à Los Angeles est monstrueuse, puisque chaque boutique, restaurant, entreprise à son parking attenant, ou sa tour de parkings.
Avec tous ces parkings, les distances sont plus grandes, donc les voitures plus nombreuses, et donc les parkings plus nécessaires, etc..
Encore plus commode que les parkings: les stations d'essence. Une fois la carte de credit acceptée par la machine, on bloque la pompe introduite dans le réservoir avec un petit crochet prévu à cet effet, et on peut s'assoir dans la voiture et lire ou faire d'autre chose, vu la taille du reservoir, on a le temps.
Les boîtes de vitesse étant à plus de 90% automatiques, les gens font presque tout dans leur voiture: ils téléphonent, se maquillent, se rasent, mangent, et boivent. Et ils se draguent avec des regards dans les rétros au feu rouge ou dans un bouchon. D'ailleurs, même si les Angelinos se plaignent des embouteillages, ceux-ci ne sont pas comparables à ceux de la 86 parisienne. Les autoroutes ont souvent 5 voies, et il n'y a pas de départ massif en vacances ni en week-end.
Quand j'habitais à Paris, si un jour il m'arrivait de passer par le pont des Arts, je m'arrêtais et pleurais devant tant de beauté et de chance de vivre dans cette ville là.
C'est un peu près ce qui m'arrive quand je prends le pont de l'Interstate 5 pour Los Angeles...
Disons que mes critères esthétiques ont évolué, ainsi que le moyen de locomotion pour la découverte de la ville, mais le bonheur est le même, d'appartenir à cet endroit.
vendredi 9 février 2007
ongle
C'est plus qu'un art ici, l'ongle est une culture.
Sur certaines avenues, il y a des nails shops tous les 100, 200 mètres. Souvent tenus par des Asiatiques, c'est propre, efficace, sans RDV, et avec le sourire. Il y a ce qu'on appelle le full-set, c'est à dire la pose de faux, pratique très courante, il y des "spa de pieds" très appréciés des hommes, et des "French manucure" impeccables en 10 min.
Ici, toutes les femmes ou presque ont des ongles parfaits; pour trouver un bon coiffeur, c'est la galère, mais on peut se faire faire les ongles à chaque coin de rue.
Aussi facile à trouver que les douches autobronzantes avec le blanchissement de dents pendant qu'on sèche.
lundi 5 février 2007
maison
Celle-là se trouve à l
a frontière du Nevada, malheureusement, on ne trouve pas ça à Los Angeles.
Dans les quartiers résidentiels de Los Angeles, on voit toutes sortes de maisons: des maisons fragiles en lattes avec des terrasses donnant sur la rue, des maisons de style mexicains en couleurs chaudes, pas hautes, un étage mais avec des balcons ombragés, costaudes, simples et charmantes. Il y a des maisons "d'architecte" cubiques, en verre et bois exotique; parfois des panneaux solaires sont installés sur les toits. Et il y aussi des baraques avec des colonnes et des tympans, et un intimidant escalier d'entrée; des manoirs "normands" à colombages, des châteaux-forts avec des tourelles et même des chaumières.
Les quartiers élégants succèdent sans transition aux quartiers qui craignent; il y a un magnifique, immense Griffith Park, des jardins à la végétation luxuriante et des arbres sompteux et étranges, et au coin, commencent des boulevards bétonnés avec des kilomètres de parkings, des fast-foods aux enseignes criardes, des boutiques de tatouage, et encore des parkings et des garages. Les no man's lands en plein ville et le bric et broc architectural, le manque de charme omniprésent, donnent à cette ville une ambiance unique, et son charme paradoxal. Cette ville conçue sans le moindre souci urbanistique, si inhumaine et étendue, quand on la traverse en voiture d'Ouest en Est, devient la nuit une mer de millions de lumières quand on l'approche en avion ou en descendant des montagnes. Et ça c'est renversant de beauté.
mercredi 31 janvier 2007
cinéma
Je ne vais quand même pas dire que Los Angeles est une ville de cinéma... mais pas mal de gens qui nous entourent y bossent (les anciens locataires de notre maison, les pères et mères des copains des enfants, les gens rencontrés par hasard). En allant à l'école souvent j'attends au stop pour qu'un camion avec des énormes décors de cinéma puisse s'engouffrer dans le studio ABC.
Les salles de cinéma sont souvent très belles, somptueuses, avec des décors à thème par ex. l’ancienne Egypte, c'est comme le métro moscovite: kitch mais grandiose. Les fauteuils sont moelleux et deux mètres devant pour les jambes, seul désagrément: presque tout le monde achète du pop corn pour la séance et presque tout le monde en mange bruyamment.
Depuis que je suis là, je vais au cinéma assez souvent. Nous en avons deux à 10 min. à pied de chez nous. L'offre est énorme (les nouveaux films sortent deux fois par semaine), donc on va sur les sites web des journaux français et américains pour lire les critiques. Et depuis Septembre nous n'avons vu que des films bons ou excellents. Hélas, tant de nuances doivent nous échapper: une réplique dite tout bas ou idiomatique, les gens autour rigolent ou soupirent (le public américain est assez exubérant), nous, nous restons de marbre...
J'ai vécu ça en arrivant en France, il m'a fallu des années pour comprendre un film comme tous les autres.
vendredi 26 janvier 2007
Californienne

La Californienne du Sud typique, ce n'est pas une blonde bronzée, glamour, à forte poitrine, sur des rolleurs ou dans une décapotable rouge. Dans le comté de Los Angeles ( presque 10 millions d'habitants) où la population est constituée à 47% de latinos et d' hispaniques, et à 13% d'asiatiques, c'est plutôt une sud-américaine brune, petite et râblée.
On voit des femmes à forte poitrine, mais souvent elles sont fortes un peu partout. Obèses, même.
Le mari, en arrivant ici bien avant le reste de la famille, a été déçu de ne pas être entouré de femmes éclatantes et athlétiques. Les Californiennes de rêve, on les voit essentiellement sur les écrans de télévision : les présentatrices des infos, ou d'autres programmes de télé locale, qu'elles soient WASP, hispaniques ou asiatiques, sont toutes époustouflantes de beauté.
On voit des femmes à forte poitrine, mais souvent elles sont fortes un peu partout. Obèses, même.
Le mari, en arrivant ici bien avant le reste de la famille, a été déçu de ne pas être entouré de femmes éclatantes et athlétiques. Les Californiennes de rêve, on les voit essentiellement sur les écrans de télévision : les présentatrices des infos, ou d'autres programmes de télé locale, qu'elles soient WASP, hispaniques ou asiatiques, sont toutes époustouflantes de beauté.
Ou alors quelques jolies mères qu'on voit à l'école et qui travaillent souvent dans le showbiz.
Par contre les mecs, à part ceux qui donnent l'impression de débarquer du Texas ou de l'Iowa avec des looks improbables, sont en général pas mal, chacun dans son genre, décontractés, réservés mais avenants.
Ils sont souriants, leur regards accompagnent, suivent mais n'insistent pas. Un peu comme si les rapports de séduction n'allaient pas de soi.
mercredi 24 janvier 2007
pont
Le Pont... il est à mourir ce pont (1200 suicides à ce jour), il pourrait très bien être l'unique raison de venir à San Francisco.
Même si cette ville très européenne, à taille "humaine" contrairement à L.A., avec des gens et voitures de taille normale, la brume et 16°C en plein mois d'Août, a d'autres atouts.
Ses maisons, par exemple, dans les rues pentues ou face à la baie, jolies ou carrément somptueuses mais jamais prétentieuses, comme c'est souvent le cas dans les quartiers riches à Los Angeles. Une ambiance nostalgique dans la rue dûe sûrement à la brume, et intello/avant-gardiste dans les cafés ou les galeries.
Et son parc de 450 ha avec ses cerisiers, ses jardins de roses, et ses champs de tulipes.
Même si cette ville très européenne, à taille "humaine" contrairement à L.A., avec des gens et voitures de taille normale, la brume et 16°C en plein mois d'Août, a d'autres atouts.
Ses maisons, par exemple, dans les rues pentues ou face à la baie, jolies ou carrément somptueuses mais jamais prétentieuses, comme c'est souvent le cas dans les quartiers riches à Los Angeles. Une ambiance nostalgique dans la rue dûe sûrement à la brume, et intello/avant-gardiste dans les cafés ou les galeries.
Et son parc de 450 ha avec ses cerisiers, ses jardins de roses, et ses champs de tulipes.
samedi 20 janvier 2007
jardin
Dans les quartiers résidentiels de LA, même pas spécialement huppés, un jardin bien entretenu et arrosé deux fois par jour, surtout devant la maison, est considéré comme une obligation sociale. Même si les maisons sont construites en bois ou même si elles sont petites, elles sont bordées de belles pelouses, de cactus gigantesques, de bananiers ou d’arbres qui montent autour de la maison et fleurissent le ¾ de l’année en rouge ou en fuchsia.
Dès qu’on arrête d’arroser, en trois ou quatre semaines, tout tourne au désert. On se rend compte à ce moment là que cette ville est située en plein désert, et que toute verdure est complètement artificielle.
Même les palmiers de Los Angeles ont été « importés », et ils supportent mal ce coin : beaucoup sont touchés par une maladie (champignon); de plus, pour la municipalité, ils ne font pas assez d’ombre, et elle a donc décidé de remplacer les mourants par des essences autochtones. Dans 10 ans peut-être il n’y aura plus de palmiers à Los Angeles. Ce sera moins marrant…
Dès qu’on arrête d’arroser, en trois ou quatre semaines, tout tourne au désert. On se rend compte à ce moment là que cette ville est située en plein désert, et que toute verdure est complètement artificielle.
Même les palmiers de Los Angeles ont été « importés », et ils supportent mal ce coin : beaucoup sont touchés par une maladie (champignon); de plus, pour la municipalité, ils ne font pas assez d’ombre, et elle a donc décidé de remplacer les mourants par des essences autochtones. Dans 10 ans peut-être il n’y aura plus de palmiers à Los Angeles. Ce sera moins marrant…
Je me suis prise de passion, pas pour le jardin, mais pour le nettoyage du jardin. Depuis Octobre, j'ai du sortir des dizaines de containers de feuilles et de branches mortes, et comme je ne connais rien ni aux plantes ni aux mauvaises herbes, j'ai peur de passer aux choses plus techniques ...Pour cela, j’ai cherché un jardinier, mais ils sont chers ici, et pourtant on est au pays de la main d'œuvre sud-américaine plutôt abordable. Donc, je continue à collectionner les devis, et je continue à arroser, couper, arracher et ramasser depuis 7 mois.
En plus, je n'ai vraiment pas la "main verte" ; au début, pleine de bonne volonté, j'ai acheté 25 carrés de pelouse, j'ai même installé un arroseur automatique dessus, aujourd'hui il n'en reste qu’un filet fin en plastique vert qui consolidait jadis la terre et l'herbe. Mais bon, je ne vais pas exagérer, ce n’est pas non plus un boulot de Romain, il suffi de mettre de l’eau régulièrement pour que la végétation luxuriante pousse.
En plus, je n'ai vraiment pas la "main verte" ; au début, pleine de bonne volonté, j'ai acheté 25 carrés de pelouse, j'ai même installé un arroseur automatique dessus, aujourd'hui il n'en reste qu’un filet fin en plastique vert qui consolidait jadis la terre et l'herbe. Mais bon, je ne vais pas exagérer, ce n’est pas non plus un boulot de Romain, il suffi de mettre de l’eau régulièrement pour que la végétation luxuriante pousse.
mercredi 17 janvier 2007
snowboard
Il y a 2 petites stations de ski, à deux heures de route de Los Angeles.
Bear Mountain et Snow Summit sont des stations familiales, avec des pistes certes, pas palpitantes mais parfaites pour skier avec les enfants pendant une après-midi. C'est assez cosmopolite, il y a des Mexicains venant de Baja California, des Japonais, des Brésiliens, j'ai entendu des Serbes, des Russes et des Ukrainiens.
Les gens sont souvent débutants, se déplacent tranquillement, sur des pentes jamais très pentues.
Il y a plus de snowbarders que de skieurs. Cependant, le fils ne veut pour l'instant pas se mettre au snowboard, et préfère briller en ski. Pour une fois, c'est le mari qui joue les modernes, et se casse les côtes en snowboard.
La station est fière d'afficher sa neige à "99% man-made" . Pendant le trajet sur le télésiège, on peut lire sur les poteaux des questions du type quizz (ils adorent les quizz ici), des injonctions énervantes comme "Remember, have fun", ou des informations censées démontrer le haut degré de technologie de la station, alors que les remontées sont plutôt vieillotes (pas de barrière de sécurité, surprenant dans ce pays).
Par contre, les agents arrêtent la remontée dès le moindre problème, sont très prévenants, consolent les enfants avec des bonbons, les remettent doucement sur leurs sièges, s'ils hésitent; ça peut être long d'arriver en haut.
Comme souvent aux Etats-Unis, il faut signer deux pages entières de décharges avant de pouvoir louer des skis.
Le bon plan est d'aller faire du snowboard ou du ski le jour de la finale de Super Bowl. Ceci dit, même ce jour là, le mari peut chercher une place de parking pendant une bonne demi-heure, parce qu'on se réserve ici pour se garer 1 bon mètre de chaque côté de son 4x4, le 4x4 faisant lui-même 2 mètres de large.
samedi 13 janvier 2007
église
La religion et Dieu sont tellement présents ici; non seulement dans les discours du Président ou des hommes politiques locaux, mais aussi dans les programmes des journalistes vedettes, ou au travail. Quand un collègue de bureau du mari a subi une opération du coeur, le directeur du département a envoyé un e-mail à toute l'équipe, demandant de prier pour lui. Au déjeuner, un autre parle du charisme de son pasteur, ou du budget de sa paroisse, comme il parle des exploits sportifs de ses enfants. Et comme en Pologne dans les temps les plus durs, les églises peuvent réunir des milliers de fidèles le dimanche.Il y a tant d'églises dans un périmètre tout proche: des traditionnelles, et d'autres : l'église de Scientologie par exemple. Son "siège" gigantesque, proche de Sunset, est carrément situé sur l'avenue "Ron Hubbard", le fondateur... Il y a aussi Pilgrim Church, Voyage into Unknown, True Love Church, Armenian Brotherhood Bible Church, Ashram West, New Age...
Ce n'est donc pas étonnant si même la paroisse polonaise catholique dans laquelle j'ai débarqué s'est avérée finalement pas si catholique.
Une fois installée, poussée par un besoin spirituel et social, j'étais ravie d'avoir trouvé à 2 pas de chez moi une communauté polonaise, proposant en plus des cours de polonais, et d'histoire/géo de Pologne pour les enfants.
Ravie d'autant plus que le prêtre et la dame s'occupant de l'église et de l'école polonaise étaient des gens très ouverts et chaleureux. Dans cette paroisse polonaise on n'était qu'une dizaine de Polonais en comptant le prêtre, la dame et six enfants. Le reste de la communauté était constitué de quelques Philippins, et surtout de sud-américains (env. 150) dont la majorité ne parlait ni l'anglais ni le polonais. On n'allait pas aux mêmes messes, le prêtre jonglait avec les trois langues, mais on se retrouvait ensemble pour les fêtes organisées par cette paroisse dynamique.
Il y a eu Dozynki (fête polonaise des moissons) où la fille aînée et la fille cadette en tenue folklorique ont posé en tant que seules "polonaises blondes", pour la photo du journal de la communauté polonaise à L.A. Un enfant mexicain qui s'était naïvement joint à elles, pour être sur la photo, a été écarté, c'était vraiment limite.
Après, il y a eu Haloween [?], et bientôt il y aura la Saint Valentin [??]...Le mari , athée par ailleurs, suggérait timidement que toutes ces fêtes sont plus païennes qu'approuvées par le Vatican, mais on s'est dit que cette désinvolture, ce côté fantasiste et fun c'était un peu ça, l'Amérique.
Quand, un jour, le prêtre, en entourant avec son bras la dame, a dit "comme nous n'avons pas d'enfants , nous voyageons léger..." à propos d'une conférence sur la côte Est, j'ai commencé à me dire que L.A. était vraiment loin du Vatican, d'autant plus qu'il n'y avait nulle part de portait de Jean Paul II .
J''y ai vu plus clair quand on m'a proposé de voter pour le "board" de la paroisse, à l'occasion du passage annuel de l'évêque...Et pour me préparer à cette procédure démocratique on m'a donné la Constitution de l' "Eglise Polonaise Catholique Nationale". Il s'agit en fait d'une variante réformiste de l'église catholique, où l'autorité du pape n'est que morale, et les prêtres peuvent se marier. Je me demande si la communuté sud-américaine, traditionnellement très attachée au culte de la Vierge, se rend compte que ce dogme est réfuté par l'Eglise Nationale.
Les enfants continuent à aller aux cours de polonais chaque Samedi matin et ne vont plus à la messe.
Grâce aux conseils de la dame, j'ai réussi mon 1er bigos (le plat ordinaire polonais, 3H de cuisson) et nous continuons d'échanger des e-mails amicaux, en évitant des sujets sensibles.
En ce qui concerne la paroisse française, la plus proche est à Santa Monica (40 min de voiture) et les messes en français à 9h du mat, donc j'hésite toujours. Même si à la sortie de la messe on peut jouer au volley et pique-niquer sur la plage, ça reste stressant pour une matinée de dimanche.
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